Les meilleures techniques d'induction en autohypnose expliquées
Tu as envie d’apprendre l’autohypnose, mais tu bloques dès le début : « Ok, je ferme les yeux… et maintenant je fais quoi ? »
Bonne nouvelle : l’entrée en transe, ça s’apprend. Et les techniques d’induction en autohypnose sont là exactement pour ça : t’aider à passer de l’état « cerveau en mode to‑do list » à un état modifié de conscience où ton inconscient peut enfin bosser pour toi.
Dans cet article, on va voir, pas à pas, les meilleures techniques d’induction en autohypnose (spirale sensorielle, escalier, respiration, décompte, 3‑2‑1…) avec des scripts simples que tu peux tester dès ce soir.
1. C’est quoi, une induction en autohypnose ?
En très court :
Induction = la façon dont tu entres en transe. C'est la première étape cruciale de toute séance, comme nous le détaillons dans notre guide pratique de l'autohypnose.
Concrètement, une induction joue sur :
- la focalisation de l’attention (tu te concentres sur un point, une sensation, une image),
- la dissociation (une partie de toi observe pendant qu’une autre vit l’expérience),
- la suggestion (les petites phrases que tu te répètes intérieurement),
- la répétition rythmée (respiration, comptage, images qui reviennent).
Les recherches en hypnose montrent que :
- une imagerie mentale vive + une bonne concentration → transe plus profonde,
- la sensibilité à l’hypnose varie d’une personne à l’autre… mais se travaille avec la pratique.
L’objectif des techniques d’induction en autohypnose :
te donner une porte d’entrée fiable vers cet état particulier, ni tout à fait éveillé, ni endormi, où tu peux :
- te détendre vraiment,
- préparer un examen,
- moduler une douleur,
- travailler une peur ou un blocage (de préférence avec un pro si c’est lourd).
2. Avant de commencer : bien préparer ta séance
Tu peux avoir la meilleure technique d’induction du monde… si le cadre est nul, ça ne prendra pas. Pose les bases :
2.1. Le lieu et la posture
- Choisis un endroit calme, téléphone en mode avion ou silencieux.
- Assis, dos soutenu, pieds au sol, ou allongé si tu ne t’endors pas trop facilement.
- Vêtements confortables, pas trop serrés.
2.2. Une intention claire
Juste avant de commencer, pose‑toi une question simple :
« Pourquoi je fais cette séance ? »
Exemples :
- me relaxer après la journée,
- préparer un entretien,
- apprivoiser une douleur,
- travailler ma confiance.
Formule‑le en une phrase :
« Je vais utiliser cette séance pour… »
2.3. Durée et sécurité
- 10 à 20 minutes, c’est parfait pour débuter.
- Mets une alarme douce à 20 min si tu as peur de perdre la notion du temps.
- Jamais d’autohypnose en conduisant, en cuisinant, ou en manipulant quelque chose de dangereux.
- En cas de troubles psy sérieux (psychose, dépression sévère, trauma complexe…) : autohypnose uniquement avec un professionnel formé à l’hypnose, pas en solo.
3. Technique 1 : la spirale sensorielle (top pour l’absorption)
La spirale sensorielle vient de l’hypnose ericksonienne. L’idée : tu enchevêtres plusieurs sensations (toucher, sons, respiration, images internes) pour saturer le mental et glisser en transe.
Comment faire, étape par étape
-
Installe‑toi
- Ferme les yeux ou laisse‑les mi‑clos.
- Remarque les points de contact : dos, fesses, cuisses, pieds.
-
Choisis un premier sens (le toucher par exemple)
- Dis‑toi intérieurement :
- « Je sens le contact de mes pieds au sol…
le poids de mon corps sur la chaise…
la température de l’air sur ma peau… »
- « Je sens le contact de mes pieds au sol…
- Dis‑toi intérieurement :
-
Ajoute un deuxième canal (l’ouïe)
- « Et en même temps, j’entends les bruits proches… les bruits plus lointains…
et même le silence entre les sons… »
- « Et en même temps, j’entends les bruits proches… les bruits plus lointains…
-
Place la respiration au centre
- « À chaque inspiration, je remarque un peu plus ma poitrine et mon ventre qui bougent…
à chaque expiration, je laisse mon corps se déposer un peu plus. »
- « À chaque inspiration, je remarque un peu plus ma poitrine et mon ventre qui bougent…
-
Lance la “spirale”
- Tu tournes d’un canal à l’autre, en boucle :
- « Je sens mes mains…
j’entends les sons autour de moi…
je remarque ma respiration…
j’observe mes paupières…
je sens la température de l’air… »
- « Je sens mes mains…
- Fais 3 à 6 tours, de plus en plus lents et flous.
- Tu tournes d’un canal à l’autre, en boucle :
-
Ajoute la suggestion de transe
- « Et plus je remarque tous ces détails, plus mon esprit peut se laisser aller dans un état particulier…
ni tout à fait éveillé, ni endormi… juste cet espace souple où mon inconscient peut travailler pour moi. »
- « Et plus je remarque tous ces détails, plus mon esprit peut se laisser aller dans un état particulier…
-
Option : la spirale “descendante”
- À chaque tour, tu descends d’un niveau :
- « Premier tour… premier niveau de détente…
deuxième tour… comme si je descendais un peu plus…
troisième tour… encore plus profondément. »
- « Premier tour… premier niveau de détente…
- À chaque tour, tu descends d’un niveau :
-
Utilise l’état
- Quand tu sens que :
- le temps devient un peu flou,
- le corps plus lourd ou plus léger,
- les pensées plus lentes,
- tu peux alors travailler ton objectif :
- te voir réussir quelque chose,
- répéter une phrase clé,
- imaginer un “lieu ressource” très agréable.
- Quand tu sens que :
-
Sors proprement
- Compte mentalement de 1 à 5 :
- « À 5, j’ouvrirai les yeux, clair, reposé, en gardant ce qui m’est utile. »
- Compte mentalement de 1 à 5 :
4. Technique 2 : la méthode de l’escalier (la descente progressive)
La méthode de l’escalier est une des grandes classiques. Tu descends marche après marche vers plus de détente, grâce à l’imagerie et au comptage.
Script simple à suivre
-
Respire et relâche
- 3 respirations profondes :
- inspire sur 4 temps, pause 2 temps, expire sur 6 temps.
- Relâche les épaules, la mâchoire, le front.
- 3 respirations profondes :
-
Crée ton escalier intérieur
- Imagine un escalier sécurisé, confortable (intérieur cosy, jardin, pierre, bois…).
- Choisis le nombre de marches : 10 ou 20, comme tu veux.
- Décide :
« À chaque marche, je me détends deux fois plus. »
-
Commence la descente
- À chaque marche, tu associes :
- un nombre : « 10… 9… 8… »,
- une sensation : plus de détente,
- une phrase :
- « 10… je commence à descendre…
9… mon corps devient plus lourd et confortable…
8… mon esprit se calme davantage… »
- « 10… je commence à descendre…
- À chaque marche, tu associes :
-
Renforce la profondeur
- Tu peux ajouter :
- une lumière qui devient plus douce,
- des sons qui s’éloignent,
- une couleur qui t’enveloppe.
- « 5… je suis au milieu de l’escalier, déjà très détendu…
4… chaque marche est comme une vague de confort… »
- Tu peux ajouter :
-
Arrive en bas : le lieu ressource
- À 1 ou 0 :
« Je suis maintenant en bas de l’escalier, dans un lieu très sûr, très agréable. »
- Imagine ce lieu ressource à ta façon :
- plage, montagne, forêt, pièce chaleureuse, jardin…
- À 1 ou 0 :
-
Travaille ton objectif
- Dans ce lieu, tu peux :
- répéter une suggestion clé
(ex. « Je parle de plus en plus facilement en public. »), - te voir dans une situation que tu réussis,
- installer un geste ancre (par ex. serrer doucement le pouce et l’index).
- répéter une suggestion clé
- Dans ce lieu, tu peux :
-
Remonte tranquillement
- Quand tu as terminé :
- remonte l’escalier en comptant de 1 à 10,
- à chaque marche :
« Je ramène avec moi les bénéfices de cette expérience. »
- à 10, tu ouvres les yeux.
- Quand tu as terminé :
5. Technique 3 : l’induction par la respiration (simple et efficace)
Ici, on est à la frontière entre méditation et autohypnose. L’idée : te laisser absorber par ton souffle, puis glisser vers ton travail intérieur.
Étapes concrètes
-
Observe sans rien changer
- Porte l’attention sur l’air qui entre et sort :
- la fraîcheur à l’inspiration,
- la chaleur à l’expiration,
- le mouvement du ventre ou de la poitrine.
- Porte l’attention sur l’air qui entre et sort :
-
Ajoute un rythme
- Sur quelques minutes :
- inspire sur 4 temps,
- expire sur 6 ou 8 temps.
- Compte mentalement jusqu’à 10, puis recommence.
- Sur quelques minutes :
-
Laisse la transe venir
- Tu peux remarquer :
- le corps plus lourd ou léger,
- les pensées qui ralentissent,
- des micro‑sursauts : tout à fait normal.
- Ajoute une phrase douce :
- « Et plus j’écoute ce souffle, plus mon inconscient peut se rendre disponible pour ce qui m’est le plus utile maintenant. »
- Tu peux remarquer :
-
Bascule vers ton objectif
- Quand tu te sens bien absorbé :
- introduis une image (escalier, lieu ressource),
- ou une phrase d’auto‑suggestion,
- ou un scénario précis (ex. te voir confiant dans une situation à venir).
- Quand tu te sens bien absorbé :
6. Technique 4 : le décompte et la confusion douce
Ici, on utilise un compte à rebours monotone qui occupe juste assez le mental pour qu’il lâche prise.
Comment procéder
-
Installe‑toi confortablement
-
Fixe un point ou ferme les yeux
-
Annonce le jeu
- « Je vais compter de 100 à 0.
À chaque chiffre, je me détends davantage.
Peut‑être que certains chiffres disparaîtront, ou que je perdrai le fil, et ce sera très bien comme ça. »
- « Je vais compter de 100 à 0.
-
Commence à 100
- « 100… 99… 98… 97… »
- Sur chaque nombre, laisse une petite expiration.
- Saupoudre de suggestions :
- « À mesure que les nombres descendent, mon esprit conscient peut se reposer…
et mon inconscient peut prendre plus de place. »
- « À mesure que les nombres descendent, mon esprit conscient peut se reposer…
-
Accepte de perdre le compte
- C’est normal de ne plus savoir si tu es à 72, 68 ou 54.
- Au lieu de lutter :
- « Je ne sais plus exactement où j’en suis, et c’est un bon signe : mon esprit conscient lâche prise. »
-
Quand l’état est suffisant
- Tu peux arrêter de compter,
- rester dans cet état flottant,
- et te laisser guider par :
- une image,
- un mot,
- ou ton objectif du jour.
7. Technique 5 : l’auto-induction 3‑2‑1 (version Erickson)
Variante d’une méthode popularisée par Betty Erickson. On joue avec 3 sens (corps, sons, images) en diminuant progressivement le nombre de choses auxquelles on prête attention.
Mode d’emploi (yeux fermés)
-
3 sensations corporelles
- Intérieurement, nomme 3 ressentis :
- le contact du dos sur le fauteuil,
- le poids des pieds,
- la température de l’air sur ton visage.
- Intérieurement, nomme 3 ressentis :
-
3 sons
- Puis 3 sons que tu entends :
- un bruit lointain,
- un bruit plus proche,
- peut‑être même ta respiration.
- Puis 3 sons que tu entends :
-
3 images internes
- Ensuite 3 images mentales :
- un souvenir agréable,
- une couleur,
- un paysage inventé.
- Ensuite 3 images mentales :
-
Puis 2 de chaque
- 2 sensations corporelles, 2 sons, 2 images internes.
-
Puis 1 de chaque
- 1 sensation corporelle, 1 son, 1 image interne.
-
Laisse la transe s’installer
- Absorbe‑toi dans la dernière image ou sensation.
- Ajoute une petite suggestion :
- « Et maintenant, je peux me laisser glisser dans un état intérieur agréable, utile, où mon inconscient peut m’aider. »
- Tu peux ensuite passer à ton travail spécifique (confiance, préparation, etc.).
8. Comment savoir si tu es “vraiment” en transe ?
Tu n’as pas besoin de te transformer en statue de cire pour que ça marche. Une transe modérée est déjà très efficace.
Signes fréquents :
- la notion du temps change (10 minutes qui semblent 3 ou 30),
- le corps paraît très lourd ou au contraire très léger,
- les pensées deviennent plus lentes, plus floues,
- de petits mouvements involontaires (doigts, paupières),
- une légère flemme de bouger tout de suite.
Tant que tu peux :
- revenir en comptant 1 → 5 ou 1 → 10,
- bouger les mains, les pieds,
- ouvrir les yeux,
… c’est que tu es dans une zone saine d’autohypnose.
9. Progresser en autohypnose : 4 habitudes qui changent tout
-
La régularité avant la durée
- 10–15 minutes tous les jours, c’est mieux qu’1h une fois par mois.
-
Un mini journal de bord
- Après chaque séance, note :
- la technique d’induction utilisée,
- ton ressenti (0–10 : profondeur, détente),
- ce que tu as travaillé.
- En quelques semaines, tu verras quelles inductions te conviennent le mieux.
- Après chaque séance, note :
-
Des suggestions bien formulées
- Au présent, positives, concrètes :
- « Je développe chaque jour davantage ma capacité à rester calme. »
- Évite les tournures du type :
- « Je ne veux plus être stressé. »
- Au présent, positives, concrètes :
-
Mixe les techniques
- Exemple de combo :
- début : respiration + spirale sensorielle,
- profondeur : escalier,
- travail : lieu ressource + suggestions.
- Tu peux aussi tester une induction par jour pendant une semaine et voir ce qui “prend” le mieux.
- Exemple de combo :
10. Conseils lecture pour aller plus loin
Tu veux creuser le sujet avec des auteurs qui connaissent l’hypnose sur le bout des doigts ? Voici quelques livres sérieux (et lisibles) pour approfondir les techniques d’induction en autohypnose.
Conseil lecture n°1 : Auto-hypnose – Olivier Lockert
Un gros manuel très pratique, avec :
- plein de scripts d’inductions (spirale sensorielle, escalier, lieux ressources…),
- une approche ericksonienne accessible,
- des idées d’exercices pour travailler sur toi au quotidien.
Conseil lecture n°2 : Auto-hypnose : Un manuel pour votre cerveau – Kevin Finel
Plus “terrain” dans le ton, avec :
- des explications claires sur la mise en transe,
- des exercices courts à tester dès la lecture,
- beaucoup d’exemples concrets d’utilisation (stress, sommeil, confiance…).
Conseil lecture n°3 : Hypnosis for Chronic Pain Management – Mark P. Jensen (en anglais)
Si l’anglais ne te fait pas peur et que le sujet te parle :
- ce livre décortique des inductions structurées validées en recherche clinique,
- avec un focus sur la modulation de la douleur,
- et une approche très rigoureuse.
11. En résumé : comment te mettre en transe toi‑même
Pour t’auto‑guider simplement :
-
Choisis une induction
- spirale sensorielle,
- escalier,
- respiration,
- décompte,
- ou 3‑2‑1 sensoriel.
-
Laisse l’état venir
- suis la respiration ou les images,
- observe les signes (temps flou, corps lourd/léger, pensées ralenties),
- ne force rien.
-
Utilise la transe
- pour un objectif précis (calme, préparation, confiance, douleur…),
- avec des suggestions courtes et positives.
-
Sors proprement
- compte de 1 à 5 ou 1 à 10,
- bouge le corps,
- ouvre les yeux.
Tu peux tout à fait t’enregistrer en lisant l’une de ces techniques d’induction en autohypnose, puis te repasser l’audio avec des écouteurs.
Testes‑en plusieurs, amuse‑toi à les combiner, et regarde celle qui te donne ton meilleur “coup de cœur de transe”.